TRANSFORMER NOTRE MODÈLE ÉCONOMIQUE – ADOPTION DE LA LOI PACTE

Les députés ont adopté mercredi 10 octobre en première lecture un projet de loi ambitieux relatif à la croissance et la transformation des entreprises (PACTE). Les objectifs: Permettre aux entreprises de grandir et de créer plus d’emplois, en levant tous les verrous qui leur compliquent la vie et en leur donnant les moyens d’innover pour réussir ; Replacer les entreprises au centre de la société en modifiant le Code civil et en associant mieux les salariés à leur gouvernance et à leurs résultats par le développement de l’intéressement et de la participation, parce qu’il est juste que quand une entreprise réussit, les premiers à en bénéficier soient les salariés ; C’est une nouvelle étape décisive dans la transformation économique engagée depuis plus d’1 an, avec la rénovation du Code du Travail, la refonte de la fiscalité dans le budget 2018 (poursuivie en 2019) et la réforme de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’assurance chômage.

Les principales mesures

 Des entreprises libérées

·         Création de son entreprise 100 % en ligne à moindre coût, grâce à la création d’une plateforme en ligne unique pour les formalités des entreprises.

·         Stage de préparation à l’installation (SPI) rendu facultatif, pour réduire les coûts et les délais de la création d’entreprise artisanale.

·         Simplification des seuils applicables aux PME. Les trop nombreux seuils et les faibles délais pour y répondre freinent aujourd’hui l’embauche dans les PME. Demain, les obligations liées aux franchissements de seuils seront considérablement allégées et simplifiées.

Ø  Des seuils regroupés sur les niveaux de 11, 50, 250 salariés.

Ø  Un délai de 5 ans pour répondre aux obligations.

Ø  Un mode de calcul des effectifs harmonisé.

·         Réduction de la durée des soldes de 6 à 4 semaines, pour développer leur visibilité et accroitre le chiffre d’affaires des commerçants sur cette période restreinte.

·         Généralisation du name and shame sur les délais de paiement, qui rend automatique la publication dans la presse des noms des entreprises sanctionnées pour des retards de paiement de leurs fournisseurs.

·         Protection du conjoint : le chef d’entreprise est désormais obligé de déclarer l’activité du conjoint dans les formulaires de création d’activité et de considérer le statut de conjoint salariécomme le statut par défaut.

·         Relèvement des seuils de certifications légales des comptes, pour faciliter la vie des petites entreprises.

·         Rebond des entrepreneurs facilité, pour ne plus stigmatiser l’échec :

o   Maintien de la rémunération du dirigeant en redressement judiciaire sauf avis contraire du juge-commissaire.

o   Réduction des délais et meilleure prévisibilité des coûts de liquidation judiciaire.

·         Transmission d’entreprise facilitée : le pacte Dutreil sera rénové pour les transmissions à titre gratuit. Les transmissions aux salariés et le financement de la reprise des petites entreprises seront facilités.

  1. Des entreprises mieux financées et plus innovantes

 ·         Simplification de la portabilité des produits d’épargne retraite : chacun pourra conserver et alimenter son épargne tout au long de sa vie professionnelle et la sortie en capital sera facilitée. L’objectif de cette mesure est de faire de l’épargne retraite un produit phare de l’épargne des Français.

·         Rapprochement de la recherche publique et de l’entreprise : le PACTE va simplifier le parcours des chercheurs souhaitant créer ou contribuer à une entreprise, et leur donner la possibilité de s’y consacrer à 50% (au lieu de 20% aujourd’hui).

·         Meilleure protection des innovations des PME françaises en renforçant le cadre national de la propriété intellectuelle et en rendant l’accès aux titres de propriété plus aisé pour les PME.

·         Instauration d’un cadre plus propice aux expérimentations des véhicules autonomes en prévoyant les conditions dans lesquelles les constructeurs et opérateurs de mobilité pourront tester des véhicules autorisant l’inattention ou l’absence de conducteurs.

·         Création d’un grand pôle financier public en permettant le rapprochement de La Poste avec CNP Assurances. Avec un bilan de 1 000 milliards d’euros, il sera un des organismes de financement public les plus importants au monde.

·         Renforcement de la protection des secteurs stratégiques en élargissant la procédure d’autorisation préalable d’investissements étrangers en France (IEF). La loi PACTE met ainsi en place des sanctions mieux graduées et clarifie les pouvoirs de contrôle du ministre en charge de l’Economie.

  1. Des entreprises plus justes et des salariés mieux associés aux résultats de l’entreprise

·         Suppression du forfait social : le forfait social sera supprimé sur l’intéressement pour les entreprises de moins de 250 salariés ainsi que sur la participation pour les entreprises de moins de 50 salariés.

·         Simplification des accords d’intéressement et de participation : la mise en place d’accords d’intéressement, de participation ou de plan d’épargne salariale au niveau de la branche facilitera le déploiement de ces dispositifs, en particulier dans les PME. Elles auront accès à ces accords types en ligne et pourront opter pour leur application directe.

·         Place de l’entreprise dans la société : modification du Code civil et du Code de commerce afin d’inciter les entreprises à renforcer l’intégration des enjeux sociaux et environnementaux dans leur stratégie et leurs activités.

·         Obligation pour les entreprises cotées de communiquer annuellement, dans leur rapport sur la gouvernance, les écarts entre la rémunération des dirigeants et le salaire moyen des salariés d’une part, et le salaire médian d’autre part. C’est une mesure pour plus de transparence.

  1. Des cessions de participations publiques pour rester maître de notre avenir

·         Le projet de loi autorise la cessation des participations publiques  du Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris), de la Française des jeux et d’ENGIE.

·         Pourquoi ?

o   L’État n’a pas vocation à maintenir sa participation dans des entreprises qui ne contribuent pas à ses missions fondamentales que sont la protection de la souveraineté nationale, le service public de qualité et le maintien de l’ordre public économique.

o   Investir dans notre avenir : les cessions de participations publiques permettront d’investir immédiatement et massivement dans l’innovation de rupture par le biais du Fonds pour l’innovation et l’industrie qui sera porté à hauteur de 10 milliards d’euros. Elles contribueront également à accélérer le désendettement de l’État.

o   Relancer l’actionnariat populaire : « Ce qui est certain, c’est que nous voulons un actionnariat populaire, parce qu’il faut que cet actif, qui est un actif stratégique, puisse être approprié par tous les citoyens Français » Bruno Le Maire (Assemblée nationale, déclaration, 03/10/18)

·         Groupe ADP : Adoption de la modification du régime juridique et du cahier des charges d’Aéroports de Paris, préalable à sa privatisation. Un amendement MoDem permettant aux « collectivités territoriales et leurs groupements » de détenir du capital d’Aéroports de Paris a été adopté à l’unanimité.

·         Française des Jeux : autorisation transfert au secteur privé de la majorité du capital détenu par l’Etat. Il faut rappeler que « la cession d’actifs ne remet pas en cause le monopole de l’Etat sur les jeux. Elle s’accompagnera, au contraire, de la mise en place d’une autorité de régulation pour lutter contre l’addiction aux jeux, en particulier chez les plus jeunes. » (B. Le Maire, AN, 25/09/2018).

·         ENGIE : suppression de l’obligation de détention par l’Etat d’au moins un tiers du capital ou des droits de vote. La loi PACTE donne ainsi de la flexibilité à l’Etat sur son niveau de participation et à ENGIE sur sa capacité à augmenter son capital pour financer des projets industriels stratégiques. Pour en savoir plus: https://www.economie.gouv.fr/plan-entreprises-pacte